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Témoignages :
La mort est inévitable. À un moment ou l'autre,
il faudra l'accueillir... Il y a quelques années, j’ai
contribué à faire connaître dans les médias
l’importance des soins palliatifs à l’hôpital.
Mais une nouvelle étape est désormais franchie
grâce à la Fondation Jacques-Bouchard, créée
à l’initiative de son épouse, Caroline
Maranda-Bouchard. Cette Fondation a la particularité
de soutenir et d’aider les familles qui désirent
accompagner un proche gravement malade à la maison.
Ce qui représente, quant à moi, un grand progrès.
Car qui veut finir sa vie dans l’anonymat d’un
hôpital, aussi accueillant soit-il, quand on peut vivre
la fin de sa vie chez soi, entouré des siens, dans
un climat familial ?
- Jacques Languirand, o.c.,
c.q.
Depuis à peine quelques semaines j'ai perdu ma conjointe Nicole. Entre l'annonce de la maladie et son départ il y a eu un délai de 2 ans. Nous souhaitions que tout se passe à domicile si cela était possible. Pour Nicole être entourée des siens, dans notre cadre familier avec ses odeurs, dans un décor qu'elle avait elle-même conçu avec notre nourriture, nos habitudes était souhaitable. Pour moi aussi je l'avoue et les deux filles ont participées sans aucune hésitation lorsque les soins sont devenus plus exigeants. Il me semblait que d'être près d'elle dans ces moments à la maison était rassurant. J'avais l'impression d'accomplir quelque chose de plus grand que nature... J'accompagnais ma conjointe comme nous le voulions. J'étais là pour elle et elle aussi pour nous, elle nous offrait ses derniers moments. Dans les moments les plus difficiles, elle était où elle le voulait,
à bien y penser on se demandait comment elle faisait pour garder le sourire, le moral et bien je crois que d'être chez elle était un facteur contributif.
J'ai eu l'accompagnement d'un
militant, le Dr Robert Marchand. Lorsque j'ai appris qu'il
épousait la cause de la fondation j'ai vite pris la
peine d'examiner les objectifs de celle-ci. Je désire
à mon tour passer le témoin à quelqu'un
d'autre en mémoire de Jacques- Bouchard et de Nicole
Brouillard et des centaines d'autres, pour que ceux et celles
qui désirent des soins palliatifs à la maison
ne soient pas contraints d'abdiquer pour des raisons de ressources
financières, matérielles ou humaines.
Nicole est partie avec un simple cadeau, le plus beau, le dernier que j'ai pu lui offrir celui de l'accompagnement vers un départ digne puisque s'est de cela dont il s'agit. Célébrons la vie en prenant soin de ceux qui nous quittent cela reste un objectif bien noble !... Voilà pourquoi j'épouse les objectifs de la fondation et je salue chapeau bien bas les gens qui y militent, qui y contribuent et qui encouragent.
Merci, pour le cadeau que tu nous as offert, Nicole, nous avons pu apprivoiser ton départ ensemble chez nous. Souhaitons longue vie à ceux qui oeuvrent pour que d'autres puissent en faire autant.
Michel Poirier pour mon amour Nicole Brouillard.
J'aime être à
la maison
ce repère, ce lieu,
là où j'aime tant et tous.
Home sweet Home!
Je la regagne toujours avec le même sentiment de réconfort.
Ma maison
je l'aime à mourir
Mon Père est décédé en février
dernier,
il a célébré Noel et le nouvel An
au centre hospitalier.
J'aurais tant voulu pouvoir lui offrir autre cadeau
que mon joli bouquet fleuri
celui du retour au bercail
celui de pouvoir humer ses arômes
celui d'être enfin chez lui
avec les siens.
Amis et parents de notre famille
ont ainsi contribué à cette noble mission.
-
Joanne Vachon

Répondre
au désir du malade de mourir à la maison, avec dignité, sans
acharnement thérapeutique, accompagné des siens, constitue
un défi majeur pour l’équipe soignante.
En effet, les restrictions budgétaires, de matériel nécessaire
et/ou de personnes formées pour prendre soin de cette clientèle
particulière et de ses proches, nous oblige parfois à transférer
le malade dans un centre hospitalier allant ainsi à l’encontre
des croyances de ceux-ci.
La Fondation Jacques-Bouchard contribuera à pallier aux manques
de ressources et venir en aide aux professionnels, afin que
cette personne en fin de vie demeure à la maison jusqu’à
la fin, avec des soins et accompagnements de qualités, entouré
de ses proches.
- Louise Harvey, infirmière
Militante pour la Fondation Jacques-Bouchard
Je travaille en tant qu’infirmière
en soins palliatifs depuis 25 ans. Au fil des ans les traitements
pour soulager la douleur et les symptômes associés à la maladie
se sont beaucoup améliorés. L’accompagnement de qualité
est aussi essentiel pour la personne malade et ses proches.
Chaque personne réagit différemment face à la maladie grave
et la mort. L’entourage est touché et, souvent, assume
la majorité des soins.
Le soutien et l’engagement de professionnels compétents
sont indispensables afin de guider et de soutenir le malade
et ses proches tout au long de la maladie. Ce soutien multidisciplinaire
favorise le maintien à domicile le plus longtemps possible
et trop peu souvent jusqu’à la fin. Les ressources actuelles
en soins à domicile sont malheureusement déficientes.
La mission de la fondation Jacques Bouchard vise à permettre
aux personnes en fin vie de réaliser leur désir de mourir
chez soi.
- Nicole Bricault, infirmière
clinicienne en soins palliatifs
J’ai
travaillé comme infirmière dans les hôpitaux pendant plus
de vingt ans, dont deux années en soins palliatifs. Aussi,
j’ai fait du bénévolat auprès des mourants à domicile
pendant deux ans avec l’Association d’Entraide
Ville-Marie. En rencontrant ceux qu’on appelle « les
aidants naturels » et ceux qui ont accompagné à domicile un
être cher en fin de vie, j’ai pris conscience que pour
rendre possible le mourir à domicile, il est nécessaire d’avoir
de l’équipement, des soins physiques et de l’aide
aux repas.
Il est indéniable que l’aspect physique et matériel
est primordial, mais ce qui est également extrêmement important
c’est le soutien psychologique et spirituel, aussi bien
pour les patients que pour les familles : des visites régulières
de personnes qui leur apportent un soutien et une compréhension
de ce qu’ils vivent, qui leur permettent d’exprimer
leurs craintes et leurs questionnements existentiels.
- Claude Cornillon-Richard,
infirmière
Comment
dire non à une fondation dont l’objectif est
d’aider les familles des malades avec un cancer à
domicile! Après dix ans dans le domaine, je demeure
toujours désolé de voir tout s’écrouler
en fin de vie lorsque les événements s’accélèrent
et que les proches s’épuisent: transfert à
l’hôpital, adieux maison, environnement tranquille,
famille au chevet ou au salon.
Et si s’était possible! Trop souvent, il manque
si peu. Et si quelqu’un pouvait offrir une présence
rassurante et disponible, une personne d’expérience,
qui permettrait aux proches de récupérer et
de continuer! Je vous le dis, c’est possible. La Fondation
Jacques- Bouchard y travaille et vise à combler ces
lacunes, ces espaces que le réseau public n’arrive
pas à combler. Bien que la Fondation soit encore toute
jeune, j’ai été témoin de ses succès
et je compte sur elle.
- Dr Robert Marchand
Je fais des visites à
domicile en soins palliatifs depuis près de 20 ans:
nombreux sont les cas où les derniers jours de vie
et surtout d’agonie deviennent une épreuve pratiquement
insurmontable pour les proches des mourants épuisés
par de longs mois sinon d’années de soins.
L’aide et le support d’une personne habilitée
et expérimentée, de nuit surtout, pourrait permettre
aux proches de se reposer, de se sentir plus en confiance
et peut-être même de réduire les hospitalisations
des derniers jours, d’éviter l’envoi du
malade à l’hôpital alors que la situation
clinique est prévisible et ne requiert pas de soins
hospitaliers. C’est ainsi que je vois la Fondation Jacques-Bouchard
: aider, dans le quotidien, les malades et leurs proches que
je suis à domicile.
Merci
- Dr Dechêne
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